Composées au cours des années 1935 et 1936, les Carmina Burana, Cantiones profanae et choris cantadae comitantibus instrumentis atque imaginibus magicis furent créées à Francfort-sur-le-Main sous la direction de Bertil Wetzelsberger, le 8 juin 1937. L’époque s’avérait déterminante pour le IIIe Reich dont Carl Orff était l’un des musiciens officiels. A cet égard, sa participation à l’immense mise en scène des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 parle d’elle-même. Œuvre fascinante, austère et envoûtante, dont la puissance réside dans la musique aussi bien que dans la déclamation et le rythme, Carmina Burana représentait le premier grand succès du compositeur à l’échelle mondiale. « Avec Carmina Burana commencent mes œuvres complètes », proclama-t-il…

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Le titre de Carmina Burana renvoie à un manuscrit anonyme retrouvé en 1803 dans le couvent de Benediktbeuren, au centre des Alpes bavaroises : celui-ci réunissait les textes de quelque deux cents chansons médiévales écrites en vieux français, en latin populaire et en allemand moyenâgeux. Ces chansons célébraient l’amour, le vin et la nature, mais tournaient aussi en dérision le relâchement des mœurs ou les dérives de l’Etat et de l’Eglise. Orff en tira des adaptations, écrivit lui-même les mélodies de chacune d’elles et créa une cantate en un prologue et trois parties pour soprano, ténor, baryton, chœur mixte, chœur de garçons et orchestre, illustration de ses conceptions du « théâtre statique » et de son souci de concilier théâtre parlé et théâtre musical. La partition ne comportait néanmoins aucune indication de jeu scénique et aucune présentation d’action, car Orff isola ces chansons de leur contexte, sans rien y ajouter, pour s’en servir selon sa propre expression « comme d’une patère où accrocher la musique ».

A l’éclatant coloris orchestral des romantiques et des post-romantiques, il substitua des couleurs instrumentales organisées avant tout autour d’un assemblage hétérogène et de sonorités claires où dominent les percussions (le piano et les cordes, à côté des timbales, du xylophone et de la grosse percussion, étant souvent traités comme des percussions). Il réduisit le rythme à sa plus simple expression, le rendant volontairement monotone par moments, et scanda la déclamation des chœurs sur des figures martelées presque mécaniques et oppressantes qui accentuent l’impression d’incantation terrifiante. « Plus l’expression est essentielle, plus elle est simplifiée, plus son effet est direct et puissant. » Telle fut l’une des professions de foi de Carl Orff.

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