« Grâce à nous devenions tous frères et amis. Dans la communauté naissait son art et il aspirait à la communauté. Il s’asseyait avec un autre au piano, jouait des œuvres pour orchestre dans des versions à quatre mains, et cela l’incitait à composer lui-même à quatre mains ». Ainsi s’exprime, après la mort du compositeur, Joseph von Spaun, le plus ancien et sans doute le plus intime des amis de Schubert… / « I thanks to him we all became brothers and friends. His art was born in the community and he aspired to the community. Seated with another person next to him at the piano, he played orchestral works in versions tor piano duet, and that encouraged him to compose himself forfour hands. » Thus declared Joseph von Spaun, the oldest and no doubt closest of Schubert’s friends, after the composer’s death…

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Ce rêve de la communauté, entrevue comme un véritable paradis perdu à retrouver, a nourri Schubert toute sa vie. Un des rares écrits qu’il nous a laissés, est une sorte de rêve qu’il fixe sur le papier, étrange récit qui donne, traduites dans un langage fantastique, les clés essentielles de sa composition. Ce récit commence par les mots suivants : « J’étais un frère de beaucoup de frères et de sœurs. Notre père et notre mère étaient bons, J’étais attaché à tous par un amour très profond. » Ici encore, la communauté est première, vécue comme bienheureuse, et le drame, que développera la suite du récit, sera d’être privé, arraché à cette communauté première, toute la quête de la vie sera ensuite de la reconstituer. Pour Schubert, la joie de la musique réside pour une bonne part dans la joie du partage : « Qui me rendra ces temps heureux, où nous étions ensemble dans l’intimité, où chacun découvrait aux autres les rejetons de son art avec une crainte maternelle, attendant non sans quelque appréhension le jugement que porteraient leur amour et leur sincérité ; ce temps, où, nous encourageant les uns et les autres, un effort unique vers le beau nous attirait tous », dira-t-il dans une période sombre de sa vie où les amis viennent à lui manquer.

This illusion of the community, confusedly perceived as atrue paradise lostto be rediscovered, nourished Schubert throughout his life. Only a few of his writings have been preserved; one of these is a kind of dream fixed on paper, a strange account wich gives, translated in an imaginary language, the essential clues to the music. The account begins with the following words : « I was a brother among many brothers and sisters. Our mother and father were good, I was attached to everyone by a very deep love. » Here again the community is in the foreground, experienced with happiness, and the tragedy, developed later on in the account, was his being deprived of, snatched away from this first community, and the whole quest of life was afterwards to be the reconstitution of it.

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