Sans le piano, Chabrier est impensable. Tout ce qu’il a composé sort du piano. Le “divin clavier” — ainsi le nomme-t-il — où qu’il aille, où qu’il soit, il lui en faut un à portée de la main. Et quand, à la fin de sa vie, malade, il réalise qu’il devra bientôt le quitter, il évoquera “ce vieux camarade de [ses] chers labeurs, ce brave piano !” Pionnier dans l’émancipation de son instrument, il en fait jaillir des ressources nouvelles, tout un prodigieux répertoire d’accents et de sonorités où les différents timbres, de l’extrême grave à l’extrême aigu, jouent chacun leur partie au sein d’une orchestration inouïe…

 

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Aucun de ses contemporains, voire de ses successeurs les plus notoires, ne le surpasseront dans ce feu d’artifice sonore, dans cette fête de la lumière et de la couleur qui l’apparente à Manet, Monet, Renoir, Sisley, Sargent, ses amis impressionnistes dont il collectionnait les toiles dans un temps où critiques et amateurs les rejetaient. Comme pour eux, le “plaisir” semble être le mot clef qui commande toute son œuvre — non pas qu’en “légendaire improvisateur” il accueille béatement tout ce que sa muse lui dicte ; bien au contraire, il se méfie de sa facilité, fuyant la banalité qu’elle engendre et travaillant patiemment, en solitaire, avec obstination, à “dégager [sa] personnalité”, comme il l’écrit à ses éditeurs. D’où cette rupture entre le regard des autres et le sien sur lui-même. Pour Albert Vanloo, l’un des librettistes de L’Étoile et d’Une Éducation manquée, “il écrivait très vite et avec une rare fertilité d’invention”.(1) Lui-même, au contraire, confiait à son ami Paul Lacome : “Tout me coûte beaucoup de travail. Je n’ai pas ce qu’on appelle de la facilité” .

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