Une nuit sur le Mont Chauve – Personnage haut en couleur dont le coté amateur n’a pas étouffé le génie, Moussorgski reste le plus nationaliste du Groupe des Cinq, le plus près du peuple.  / A night on the Bare Mountain – Mussorgsky was a very colourful character whose amateur side never quenched the genius in him, but, of the Group of Five, he was the most nationalistic and the closest to the people. PV711051 entier

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Avec lui disparaissent les influences allemande et italienne qui amenaient les Boyards à considérer le folklore russe comme devant s’adresser auxquels moujiks. On a voulu voir, dans l’adaptation de Rimsky-Korsakov, une sorte de défiguration de l’œuvre de Moussorgsky. Celle-ci, esquissée en 1860 pour un drame de Mengden,Les Sorcières, et terminée avec peine en 1866-7, est à peu près inaudible. Les critiques acerbes de Balakirev en témoignent. L’orchestration n’aurait pris que douze jours au compositeur qui, usé, malade, semblait vouloir se débarasser de ce fardeau. L’éparpillement des parties instrumentales est, sans nul doute, la cause de l’échec de cette première version. La clarté de son orchestration l’a, au contraire, sauvée de l’oubli en la magnifiant. C’est une sorte de rumeur des esprits infernaux que l’on dicerne d’abord. Souterraine au début, elle éclate avec violence avec l’apparition du dieu Tchernobog, symbole de la Russie païenne. La tension est extrême lorsque retentit tout à coup la cloche du village qui a le pouvoir de disperser l’esprit des ténèbres et son cortège démoniaque. L’aube éclaire le Mont Chauve, débarrassé de ses maléfices et de toute trace du Sabbat nocturne. Admirons l’opposition entre les rythmes diaboliques de la nuit et la douceur du lever du jour qui fait s’évanouir les fantasmes.

Tableaux d’une Exposition – Deux chefs-d’œuvre sous un même titre : l’un écrit pour piano seul par Moussorgsky, l’autre adaptée à l’orchestre symphonique par Maurice Ravel avec son génie de l’instrumentation. Qui connaîtrait le nom de Victor Hermann, si son ami Moussorgski n’avait pas illustré l’exposition de 1874, consacrée aux œuvres de ce peintre ? Les circonstances tragiques de sa mort (il tomba foudroyé près de son ami), incitèrent le compositeur à écrire dix évocations séparées par un thème de Promenade. « Tantôt (nous dit Moussorgski), je parcourais l’exposition lentement ou d’un pas rapide, attiré soudain par un tableau, tantôt je pensais tristement au défunt ». Rappelons l’ordre des tableaux : Gnomus, l’affreux nain ; Il Vecchio Castello, ou la désolante image d’un vieux château ; Tuileries, jeux et disputes d’enfants ; Bydlo, la lourde charrette polonaise, morceau de bravoure pour tuba ; Ballet des poussins dans leurs coques, grâce et légèreté ; Samuel Goldenberg und Schmuyle, dialogue pittoresque entre le Juif riche et le Juif pauvre ; Le marché de Limoges, agitation de la foule et dispute violente des commères ; Catacombes (de Paris), longs accords sombres ; La cabane sur les pattes de poule, demeure de la terrible sorcière Baba-Yaga ; enfin, conclusion magistrale, La grande porte de Kiev, pièce grandiose pour un projet de porte monumentale, soutenue par un thème majestueux en valeurs de plus en plus longues, d’une splendeur incantatoire : les carillons sonnent à toute volée dans les églises de Kiev aux bulbes dorés, renforçant ainsi notre image nostalgique d’une Russie éternelle.

Dans les steppes de l’Asie Centrale. L’éveil des sentiments patriotiques au lendemain de la campagne Napoléonienne a favorisé le remarquable essor de la littérature Russe. Le retard accumulé par la musique ne fut comblé que plus tardivement, lorsque le jeune Balakirev, fondateur du Groupe des Cinq, décida de remettre en honneur le folklore national. Borodine fut le dernier à rentrer dans le groupe. Il était alors assistant de chimie à l’Académie de médecine. Curieusement, son tombeau porte, gravées dans la pierre en guise d’épitaphe, les formules de ses découvertes en chimie organique. En tant qu’ami de Moussorgski, il est adopté sans problème et parfait sa technique auprès de Balakirev, le seul professionnel du groupe. Parmi les pièces symphoniques, Dans les steppes de l’Asie Centrale marque d’une façon indiscutable, comme la Grande Pâque russe de Rimsky-Korsakov, la naissance d’une musique à caractère national. Cette fresque illustre à la fois son amour de sa terre natale et la richesse d’inspiration du folklore Russe. Elle a été écrite en 1880 en souvenir des images de la steppe. L’œuvre est basée sur deux thèmes contrastant à la fois par le rythme et par le mode. Le premier, sorte de mélodie orientale au dessin capricieux et à l’ornementation délicate, est confié aux instruments à vent accompagnés le plus souvent par des pizzicati des cordes. Le second, dans le style du chant populaire Russe, dialogue avec un accompagnement nostalgique des cordes. Tout se perd pianissimo dans l’immensité glacée, inquiétante, désertique de la Steppe.

With him, disappeared the german and italiant influences ; influences which led the Boyard to believe that the russian folklore should only be destined for the moujiks. The Rimsky-Korsakov adaptation of Mussorgski’s work was first seen as a deformation. It was set out in 1860 for Mengden’s drama, The Witches, and was finished with great difficulty in 1866-7, but was virtually inaudible, as Balakirev’s harsh criticisms witnessed. The composer was ill, worn out and wanting to be rid of this burden, and so took only twelve days over the orchestration. Without doubt, the dispersion of the instrumental parts was the reason for the failure of this first version. The expressive brightness of Rimsky-Korsakov’s version with the richness of its orchestration magnified it and thus saved it from oblivion. First of all you can distinguish the diabolical spirit’s constant underground murmur which blares out violently with the appearance of the god Tchernobog, the symbol of the heathen Russia. Suddently in the midst of this tension, the village bell rings, dispersing the spirit of darkness and its demoniacal suite. Dawn lights up the bare mountain ridding it of avil spells and of any traces of the nocturnal revels. The contrast between the diabolical rhythms of the night and the dispersion of the hallucinations by the gentle dawn of a new day is to be admired.

Pictures from an exhibition – Two works of art under the same title: one written for the piano by Mussorgsky, the other adapted for a symphonic orchestra by Maurice Ravel, with his genius for instrumentation. The name Victor Hermann would have remained unknown if his friend Mussorgsky had not made famous the 1874 exhibition which was in honour of this painter. the tragic circumstances of his death (he fell stricken beside his friend) prompted the composer to write ten evocations separated by the Promenade theme. ‘Sometimes as I walked through the exhibition my attention would be drawn towards a picture’ Mussorgsky explained, ‘or I would be stricken by sad thoughts of the defunct’. Let us consider the order of the pictures: Gnomus, the frightful dwarf; Il vecchio Castello, or the distressing sight of an old castle; Tuileries, children’s games and arguments; Bydlo, the heavy polish trap, a purple patch for the tuba; Ballet des poussins dans leurs coques (‘Ballet of chicks in their shell’), graceful and light; Samuel Goldenberg und Schmuyle, a picturesque dialogue between a rich and a poor Jew; Limoges-The Market, an excited crowd and violent arguments between the cronies; Catacombs (of paris), long gloomy chords; La cabane sur des pattes de poule, the home of the frightful witch Baba-Yaga. Finally the pompous conclusion, La grande porte de Kiev (‘The Great gate of Kiev’), a grand piece for the plan of a monumental gate backed by a majestic theme of spell-bounding splendour with time values which become longer and longer. Bells peal loudly in the churches of Kiev with their golden lighting, strensthening our nostalgic image of an eternal Russia.

In the Steppes of Central Asia. The awakening of patriotic feelings following the Napoleonic campaign gave rise to a remarkable increase in Russian literature. In music, the backlog was brought up to date much later whan the young Balakirev, founder of the ‘Group of Five’, decided to recradit the national folklore. Borodine, the last to join the group, was, at that time, a chemistry assistant at the University of Medicine. (His tombstone curiously bears, by way of an epitaph, the formulas of his discoveries in organic chemistry carved in stone). As a friend of Mussorgsky, he was adopted into the group with no problem and trarted perfecting his technique with the only professionnal, Balakirev. Among his symphonic works, In the Steppes of Cantral Asia unquestionably marks the beginnning of a musical era of national character, as does Rimsky-Korsakov’s Great Russian Easter. This fresco illustrates both his love for his native country and the wealth of inspiration of Russian kolklore. The work was written in 1880, recalling pictures of the Steppes and is bases on two themes which contrast each other in rhythm and in mode. The first theme, a sort of oriental melody with a temperamental pattern and delicate ornamentation, is taken up by the wind instruments and more often than not accompanied by a pizzicati from the strings. The second, like a popular Russian song, is a dialogue with a nostalgic string accompaniment. At the end, everything disappears pianissimo into the vast, icy desert of the Steppe.  Roger Bouillon, translation by Andrew Dalton

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