C’est en 1788, en l’espace de deux mois, à Vienne, que Mozart acheva ses trois dernières symphonies. La Symphonie en sol mineur N°40 K550 a été terminée le 25 juillet, un mois après la Symphonie en mi bémol majeur N°39 K543, page d’apaisement et d’espérance, et deux semaines seulement avant l’ultime Symphonie en ut majeur N°41 K551 / Vienna, 1788: within the space of two months Mozart finished his last three symphonies. His Symphony No. 40 in G minor K550 was completed on 25 July, a month before No. 39 in E flat major K543 (a work full of reassurance and hope) and just two weeks before his last symphony, No. 41 in C major K551. 

Wolfgang Amadeus Mozart - Symphonies N°40 KV 550 et N°41 KV 551 - Les deux dernières Symphonies

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…Riche de substance, la “trilogie finale” mozartienne dévoile le drame intérieur qui trouble le compositeur dans les derniers mois de sa vie, les plus riches artistiquement mais aussi les plus amères intérieurement. Elle traduit aussi différents aspects du génie de Mozart pour retracer l’un de ses portraits les plus saisissants. La célèbre Symphonie en sol mineur N°40 est une de celles qui a suscité le plus de commentaires. Avant Schumann qui portait à cette oeuvre une grande admiration, Berlioz parla de grâce et de délicatesse, même s’il classa le menuet dans la catégorie des “gaudrioles”. Ecrite à une époque de crise morale et matérielle pour Mozart, cette avant-dernière symphonie exprime à l’évidence une sorte de lassitude mêlée d’angoisse et empreinte de fatalisme. L’absence de trompettes et de timbales lui confère en tout cas un caractère intimiste. Contrairement à la tradition du monde symphonique contemporain, il n’y a pas d’introduction, mais le molto allegro initial expose d’emblée le premier thème, déjà passionné et tourmenté, avec cette couleur sombre à laquelle se mêle la légèreté mozartienne. Plein de tristesse, l’Andante, dans sa ferveur pré-romantique, offre également des moments étonnamment lumineux. La gravité du Menuet contraste avec le climat rêveur et souriant de sont trio, puis un Allegro assai fiévreux vient conclure cette symphonie dont l’implacable fermeté frappa Alfred Einstein. Ernest Ansermet a souligné que les dernières symphonies de Mozart semblent inspirées par le catactère de leurs tonalités respectives : ici, sol mineur et ut majeur. “Rien de plus mineur que la sol mineur de Mozart, ajoutait-il, sauf peut-être la Quatrième de Brahms”. Au sol mineur inquiet de la quarantième symphonie répond l’ut majeur puissant, jubilatoire et triomphant de la Symphonie en ut majeur N°41 K551, dite “Jupiter”, postérieure de quelques semaines. Mozart y mit en effet un point final le 10 août 1788. Cette œuvre d’une forme parfaite et très équilibrée répond tout à fait à l’idéal classique. Tout est harmonie dans son Allegro vivace qui ressemble à un hymne de victoire, alors que le caractère méditatif de l’Andante cantabile se voit renforcé par les sourdines des cordes et le timbre chaud des instruments à vent. Pour Georges de Saint-Foix, la coda de ce mouvement lent est une des plus belles codas écrites par Mozart. Au Menuetto ferme et majestueux, succède enfin un final Molto allegro vaste et complexe, à l’impressionnant développement contra-puntique, qui se clôt par une fugue dont le sujet rappelle brièvement le thème de l’Andante de la Symphonie en sol mineur. Selon Alfred Einstein, les deux dernières symphonies de Mozart représentent un appel lancé à l’éternité.

Rich in substance, Mozart’s ‘final trilogy’ reveals the inner drama that the composer experienced during the last months of his life, artistically the richest, yet also a source of great bitterness. It also shows different aspects of Mozart’s genius and presents a striking portrait of the composer. A lot has been written about the famous Symphony No. 40 in G minor. Before Schumann, a great admirer of the work, Berlioz spoke of grace and delicacy (but described the minuet as a ‘broad joke’). Written when Mozart was going through a period of moral and material crisis, his penultimate symphony, expressing a mixture of weariness and anxiety, is marked by fatalism. The absence of trumpets and timbales gives it an intimate character. Contrary to the symphonic tradition of the time, there is no introduction, but the opening Molto allegro presents the first theme immediately, passionate and tormented, sombre in colour, yet mixed with a typically Mozartian lightness. The Andante, pre-Romantic in its fervour, is full of sadness, but it also contains some surprisingly bright moments. The solemnity of the Minuet contrasts with the cheerful, dreamy climate of its trio, and the symphony ends with a feverish Allegro assai, whose implacable resolve Alfred Einstein found most striking. As Ernest Ansermet pointed out, Mozart’s last symphonies appear to have been inspired by the character of their respective keys: here G minor and C major. ‘Nothing is more minor than Mozart’s G minor,’ he said, ‘with the possible the exception of Brahms’s Fourth.’ The anxious G minor of Symphony No. 40 contrasts with the strong, exhilarating, triumphant C major of Symphony No. 41 K551 (‘Jupiter’), completed a few weeks later on 10 August 1788. This work, perfect in form and carefully balanced, fits in perfectly with the classical ideal. Everything is harmonious in its Allegro vivace, like a song of victory, while the meditative character of the Andante cantabile is underlined by the muted strings and the warm timbre of the wind instruments. For Georges de Saint-Foix, the coda of this slow movement is one of the most beautiful Mozart ever wrote. The firm, majestic Menuetto is followed by the final Molto allegro, a vast, complex piece, with an impressive contrapuntal development, ending with a fugue whose subject briefly recalls the theme from the Andante of Symphony No. 40. Alfred Einstein described Mozart’s Symphonies nos 40 and 41 as ‘an appeal to eternity’.      Adélaïde de Place, translation: Mary Pardoe

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