L’Art flamenco, libre émanation d’une terre andalouse et gitane, a subi au cours des longs siècles d’ombre qui le séparent de la civilisation arabe une transformation des genres, des écoles — pourrait-on dire — si cette appellation ne semblait trop savante pour ce style caractérisé par la plus grande liberté laissée à l’instinct populaire qui est le légataire d’un héritage ancestral et somptueux / During the long centuries of obscurity that separate it from its origins in Arab civilisation, the Art of Flamenco, emanating freely from the Andalusian and gipsy lands, has been transformed. One might say that it was a change of genre, of school — although these terms could be perceived as too academic for a style which is characterized by the greatest freedom given to those popular instincts which are the legatees of a sumptuous ancestral heritage.

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…Répandus dans toute l’Espagne, les gitans demeurent plus volontiers en Andalousie et sont les dépositaires de véritables traditions qui se sont transmises par initiation et audition attentives pour aboutir à l’épanouissement libre de la personnalité de chaque interprète. L’influence andalouse proprement dite fait apparaître le style flamenco ni absolument gitan ni absolument andalou mais comme une manière de compromis des deux styles. C’est dans ce Sud exalté qu’est la véritable patrie de la Guitarra Flamenca, parce que l’âme orientale, la sienne, s’y est épanouie et qu’elle y trouve ses éléments préférés : la profondeur et l’emportement des passions. Le gitan improvise et harmonise d’après la nature et la nature lui donne raison, écrivait Raoul Laparra. Les successions prohibées, les dispositions considérées comme les plus sacrilèges se retrouvent en permanence dans les conceptions flamencas. Elles en constituent la saveur, la couleur même. « Hasta la guitarra siente el golpe de mi dolor ; cuando la guitarra siente que sera mi côrazon. » (« Même la guitare ressent la violence de ma douleur ; ainsi ne fera-t-elle qu’un avec mon cœur »). On pourrait appeler les six cordes de la guitare six âmes différentes dans un corps harmonieux tant est  grande leur indépendance d’expression. L’exécutant arrache de profondes plaintes aux cordes graves, des vibrations prolongées sur lesquelles sanglotent les cordes intermédiaires pendant que le mi donne un frémissement continu et brillant et découvrez dans ses rythmes les accents en porte-à-faux, les surprenants caprices arrachés aux « six âmes » par les doigts de Pitiné de Utrera.

Although they are present over all of Spain, the gipsies prefer to reside in Andalusia and are the guardians of the true traditions which are handed down by attentive initiation and audition, allowing the unfettered development of the personality of each performer. The real Andalusian influence reveals the Flamenco style as being neither completely gipsy, nor completely Andalusian but a kind of com-promise between the two styles. It is in this exalted Southern area that the real homeland of the Guitarra Flamenca is to be found, for its oriental soul has blossomed there and finds its favourite elements there : the depth and heat of intense emotions. »The gipsy improvises and harmonizes, inspired by nature, and nature proves him right », wrote Raoul Laparra. Forbidden sequences, arrangements considered to be utterly sac-rilegious are constantly found in Flamenco creations. They are its very flavour and colour. ‘Hasta la guitarra siente el goipe de mi dolor ; cuando la guitarra siente quo sera mi corazon.’ (Even the guitar feels the force of my pain; feeling thus the guitar will be one with my heart). The six strings of the guitar could be called the six different souls in a harmonious body, so great is their independence of expression. The performer wrenches deep laments from the bass strings, and prolonged vibrations to which the middle strings weep, while the E string gives out a constant brilliant quivering. In his rhythms the listener will discover the offbeat accents and the surprising notions extracted from the « six souls » by the fingers of Pitine de Utrera.     Rafael Martinez translated by Clare Perkins

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