Tout a été dit ou écrit sur Vivaldi, sur l’homme, sur son œuvre. Mais le langage de Vivaldi est un langage universel tout chargé d’une lumière bienfaisante. C’est sans doute parce que sa musique répand une exquise euphorie, qu’elle a aujourd’hui tant de succès. Vivaldi illumine, réchauffe et apaise tout à la fois. Vivaldi a laissé un grand nombre de concertos pour flûte. L’agilité technique d’un tel instrument se devait d’attirer le virtuose du violon. Le recueil de six concertos pour flûte traversière et orchestre à cordes op. X est paru à Amsterdam chez l’éditeur Le Cène vers 1728, époque où Igazio Siber, premier maître de flûte à la Pietà, entra dans l’établissement où Vivaldi était lui-même directeur de la musique.

Antonio Vivaldi - Six Concerti Venitiens interprétés par le Concerto Köln dirigé par Christian Mendoze

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Trois de ces concertos (n° 1, 2 et 5) sont exécutés ici sur la flûte à bec. Comme le cinquième concerto de l’opus VIII, dont il n’a pas l’ampleur, le Concerto en fa majeur opus X, n°1, est intitulé La Tempesta di mare (« La Tempête »). Dans le premier mouvement, Allegro, le tourbillon des gammes montantes et descendantes et le tumulte des notes répétées et des traits brisés veulent dépeindre le déferlement des vagues et les hurlements du vent. Les soli volubiles de la flûte reprennent les mêmes dessins que le tutti, mais sur un accompagnement très allégé. Le Largo est une « sorte de lamento des naufragés », figuré par la longue phrase de la flûte que soutient un pesant unisson du tutti. La tempête recommence sur un rythme plus léger dans le finale, Presto. Vivaldi a écrit deux concertos qui ont pour sujet la nuit, La Notte, un concerto pour basson en si bémol majeur et le concerto pour flûte en sol mineur enregistré ici. Dans le Concerto en sol mineur opus X, n°2, il sacrifie de nouveau à la musique descriptive que lui inspire sans nul doute son sens du théâtre. Mais plus que les éléments strictement descriptifs, c’est plutôt la représentation des sentiments que la nature fait naître en nous qui le séduit. Ici, Vivaldi abandonne le plan traditionnel du concerto en trois mouvements vif-lent-vif pour une succession de courts morceaux de tempi contrastés, et qui s’enchaînent les uns aux autres sans interruption. Le solennel Largo initial est conçu comme une ouverture sur des rythmes pointés à la française, avec en seconde partie une cantilène presque mystérieuse de la flûte. Le Presto porte le titre de Fantasmi : c’est avec exubérance qu’il évoque les fantômes, et dans cette atmosphère presque fantastique rendue par des tonalités inhabituelles, des gammes mineures sans altération de la sensible et des traits rapides à l’unisson. Une interruption brutale et inattendue mène à un second Largo de neuf mesures : pas de basse dans cet épisode, le doux chant de la flûte n’est soutenu que par les deux violons et l’alto. Un Presto vigoureux en fa majeur lui succède, avant l’extraordinaire Largo qui dépeint le sommeil : Il Sonno. Ce mouvement apparaissait déjà dans le concerto L’Automne des Quatre Saisons (opus VIII). La douceur du sommeil s’alanguit sur les notes en valeurs longues qui s’étirent sur vingt-sept mesures, aux enchaînements harmoniques surprenants. Tous les instruments jouent avec sourdines et le clavecin est supprimé. C’est un joyeux Allegro qui conclut, avec ça et là quelques ébauches de dialogue entre la flûte soliste et le violoncelle ou le premier violon.

Three of these concertos (n° 1, 2 and 5) are played here on the recorder. Like the fifth concerto opus VIII, though lacking its breadth, the Concerto in F major opus X, n° 1, is entitled La Tempesta di Mare (‘The Tempest’). In the first movement, Allegro, the flurry of rising and descending scales and the tumult of repeated notes and broken runs are meant to depict the waves breaking and the howling wind. The voluble soli of the flute take up the same pattern as the tutti but on a light accompaniment. The Largo is “a kind of castaway lamento”, figured by the long phrase of the flute supported by a heavy tutti unison. The tempest begins again on a lighter rhythm in the finale, Presto. Vivaldi wrote two concertos with the night as subject, La Notte : a bassoon concerto in B flat major and the flute concerto in G minor recorded here. In the Concerto in G minor opus X, n° 2, the music is once more descriptive, inspired no doubt by his sense of theatre. But more than the strictly descriptive elements, it is rather the representation of feelings inspired by nature which attracts him. Here, Vivaldi abandons the traditional pattern of the concerto in three movements – vif, lent, vif – for a succession of short pieces with contrasted tempi which succeed each other without a break. The solemn initial Largo is conceived as an overture on French-style dotted rhythms, with, in the second part, an almost mysterious cantilena on the flute. The Presto is entitled Fantasmi: it exuberantly evokes the phantoms and, in this almost fantastic atmosphere rendered by unusual tonalities, minor scales without any inflecting of the sensible note and rapid runs in unison. A sudden and unexpected interruption leads to a second Largo containing nine bars : there is no bass in this episode, the sweet melody of the flute is supported only by the two violins and the viola. A vigorous Presto in F major follows, preceding the extraordinary Largo which depicts sleep : Il Sonno. This movement already appeared in the Autumn concerto of the Four Seasons (opus VIII). The sweetness of sleep languishes on the long notes which stretch over twenty seven bars with surprising harmonic sequence. All the instruments are muted and the harpsichord is suppressed. A joyful Allegro concludes, with here and there a few outlines of dialogue between the flute soloist and the cello or the first violin. Adelaide de Place.

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