Figure dynamique qui a laissé de nombreux témoignages sur sa vie errante et sur sa carrière de luthiste, de chanteur et de compositeur, John Dowland est né en 1563. Engagé par l’ambassadeur d’Angleterre en France, il se retrouva à Paris en 1580. Peut-être eut-il l’occasion d’y rencontrer le grand luthiste Adrien Le Roy et de s’initier à la tradition française de la musique mesurée à l’antique ?

John Dowland - Ayres 1er livre par John Elwes comme ténor et Matthias Spaeter au luth

Cliquez ici pour écouter, acheter ou télécharger


L’avènement de la reine Elisabeth I en 1558 marque le début de l’épanouissement de ce qu’on a appelé «l’âge d’or » de la musique anglaise, période particulièrement florissante qui trouvera son apogée avec Henry Purcell. On a coutume de dire un peu sévèrement qu’au soir de la disparition du compositeur de Didon et Enée en 1695, mourut l’école anglaise. Celle-ci amorça néanmoins un déclin qui dura près de deux siècles. Au 18ème siècle, en manque de compositeur d’envergure, les Britanniques s’approprièrent Haendel et Jean-Chrétien Bach, le dernier fils du Cantor de Leipzig, mais un fait demeure : alors que l’Angleterre avait connu depuis la Renaissance un développement exceptionnel au niveau des activités musicales, aucun musicien autochtone n’eut assez de génie pour rivaliser avec Purcell ou Haendel. La personnalité de John Dowland comme celle de bon nombre de ses contemporains n’en paraît que plus attachante. Figure dynamique qui a laissé de nombreux témoignages sur sa vie errante et sur sa carrière de luthiste, de chanteur et de compositeur, John Dowland est né en 1563. Engagé par l’ambassadeur d’Angleterre en France, il se retrouva à Paris en 1580. Peut-être eut-il l’occasion d’y rencontrer le grand luthiste Adrien Le Roy et de s’initier à la tradition française de la musique mesurée à l’antique ? Quoi qu’il en soit, ce protestant regagna son pays trois ans plus tard ayant embrassé la religion catholique. à Londres, il se produisit plusieurs fois devant la reine Elisabeth et postula pour le poste envié de luthiste de la souveraine. Le refus qui lui fut opposé aurait-il été une conséquence de sa conversion ? Ceci n’a jamais été clairement élucidé. Dowland préféra toutefois quitter l’Angleterre pour entreprendre un long voyage qui, jusqu’en 1597, le mena en Allemagne et en Italie. De retour sur le sol natal, il publia son premier livre d’airs avant de s’exiler au Danemark où le roi Charles IV le nomma son luthiste officiel. Revenu en Angleterre, il attendit 1612 pour obtenir la charge tant convoitée de luthiste du roi Jacques 1er Stuart. On ne connaît pas la date exacte de sa mort, mais il fut inhumé à Londres le 20 février 1625. Le règne d’Elisabeth (1558-1603), elle-même excellente musicienne qui sut s’entourer des meilleurs artistes de son temps, vit éclore d’immenses talents parmi les luthistes, les virginalistes et les musiciens de théâtre. L’âge d’or élisabéthain correspond également à la grande époque du madrigal anglais et de l’air (ou ayre) à une ou plusieurs voix avec accompagnement d’instruments (du luth le plus souvent) qu’on appellerait en France « chanson au luth »…

The accession of Queen Elizabeth I in 1558 marked the beginning of what came to be known as the “golden age” of English music, a particularly flourishing period which reached its height with Henry Purcell. It is often said (somewhat severely) that the English School died with the composer of Dido and Aeneas in 1695. It is certainly true that there was a decline which lasted almost two centuries. In the 18th century, in want of a composer of great ability, the British adopted Handel and J.S. Bach’s youngest son, Johann Christian, but the fact remains that, while England had experienced an exceptional development in its musical activities since the Renaissance, no native composer had the genius to compete with Purcell or Handel. The personality of John Dowland, like that of many of his contemporaries, only seems all the more engaging.

John Dowland, a dynamic figure who left numerous accounts of his wandering life and his career as a lutenist, singer and composer, was born in 1563. In 1580 he went to Paris as ‘servant’ to the ambassador to the King of France, Sir Henry Cobham. Perhaps he had the opportunity of meeting the great lutenist Adrian Le Roy there and of initiating himself into the French tradition of lute playing? Be that as it may, he returned to his native land three years later, having been converted to Catholicism during his stay. In London, he played several times before Queen Elizabeth and applied for the coveted post as queen’s lutenist. His application was refused. Was it a result of his conversion? The fact has never been clearly elucidated. Dowland nevertheless decided to leave England and travel abroad. His travels took him to Germany and Italy. He returned to England in 1597, where he published his First Booke of Songes or Ayres, before going to the court of Denmark as lutenist to Christian IV. Back in England, he had to wait until 1612 to receive the much-coveted appointment as one of the King’s Lutes (to James I). We do not know the exact date of his death, but he was buried in the parish of St Anne, Blackfriars, on 20 February 1626. Queen Elizabeth was herself an excellent musician, who gathered around her the finest musicians of her time. Her reign (1558-1603) saw the birth of immense talents amongst the lutenists, virginalists and theatre musicians. The Elizabethan golden age also corresponds to the great period of the English madrigal and the air (or ayre) for one or several voices with instrumental accompaniment (usually the lute)…           Adélaïde de Place,translation by Mary Pardoe

N’hésitez pas à nous contacter pour nous demander le livret intégral