L’image de la Vierge aux douleurs est l’une des plus touchantes, des plus profondément humaines que nous ait léguée la tradition chrétienne. La présence de Marie au calvaire où confiée à Saint-Jean par le Christ, elle devient le symbole de l’église, devait nourrir la pensée des théologiens et des artistes. L’attribution du poème de Stabat Mater, classé dans les séquences, au frère convers franciscain Jacopone da Todi, mort en 1306, est plausible…

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… car, écrit Michel Huglo, « cette contemplation des douleurs de la Vierge n’a pu trouver son explication littéraire que dans l’évolution du sentiment religieux aux 13ème et 14ème siècles en particulier dans l’ordre franciscain qui est à l’origine de la dévotion au chemin de croix ».  il peut paraître superflu de remonter aux origines médiévales du Stabat Mater pour traiter de sa mise en musique par un compositeur qui est réputé n’avoir écrit que de la musique instrumentale, Luigi Boccherini (1743-1805). Cependant il semble encore utile de noter que le Stabat Mater ne fut introduit dans le missel romain qu’en 1727 au jour de la fête de Notre-Dame des sept douleurs, le 15 septembre, et que le poème ne reçut de mélodie grégorienne officielle qu’au début … du 19ème siècle ! Par conséquent, et bien qu’il fût chanté jusque-là sur des mélodies d’emprunt, notamment le vendredi Saint entre les stations du chemin de croix, le Stabat mater a créé à travers les siècles une tradition avant toute littérale, en dépit des chefs-d’œuvre musicaux qu’il a suscités chez un Josquin des Prés, chez un Palestrina ou chez un Marc-Antoine Charpentier.

The scene of the Holy Virgin suffering at the foot of the cross is one of the most moving and profoundly human scenes that the Christian tradition has bequeathed. When, on Calvary, Jesus gave Mary into the care of Saint John, she became the symbol of the church and the source of inspiration to theologians and artists. Classed as one of the sequences, the attribution of the poem of the Stabat Mater to the Franciscan friar Jacopone da Todi, who died in 1306, is plausible because, as Michel Huglo noted, « this meditation on the suffering of the Virgin could only find a literary explanation in the religious feelings of the 13th and 14th centuries, particularly in the Franciscan order which is the source of the devotion on the road to the cross ». It may seem unnecessary to go back to the medieval origins of the Stabat Mater in order to study the musical setting by Luigi Boccherini (1743-1805), a composer reputed to have written only instrumental music. However, it may be useful to note that the Stabat Mater was not included in the Roman missel until 1727 for the day of the Feast of Our Lady of the Seven Pains on 15th September and that the poem was not given a plain-song melody until the beginning of the 19ème century! Consequently, although it was sung until that date to borrowed melodies, particularly on Good Friday between the stations of the cross, through the centuries the Stabat mater created a tradition that was primarily literary, in spite of the musical masterpieces it has inspired from, for example, Josquin des Prés, Palestrina or Marc-Antoine Charpentier.

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