L’œuvre de Giacobetti se situe au confluent de deux esthétiques qui seront qualifiées quelques années après, sous la plume de Giulio Cesare Monteverdi, de prima pratica et seconda pratica. Les lamentations et les répons à cinq ou à six voix regorgent d’usages contrapuntiques hérités de l’ancienne manière et dévoilés dans les traités de contrepoint du xvième siècle…

L'ensemble Scandicus en pleine épanouissement dans l'oeuvre de Pietro Amico Giacobetti

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…Contrepoint libre (rep. tenebrae factae sunt), simple (lam. i. quomodo sedet), imitatif (lam. v. cum exhalarent), par paires (lam. iii. sanctuarium suum), renversable (lam. i. aleph), sur un plain-chant en valeurs égales (lam. vi. convertere ad dominum), faux-bourdons (lam. iii. in ecclesiam tuam). La science musicale du compositeur s’illustre également dans une utilisation savante de l’architecture sonore. Giacobetti combine les voix de manière à créer des effets de polychoralité (lam. ix. in tuere et respice) ou de masse (lam. i. plena populo). La voix de basse, avec ses entrées différées, occupe une place fondamentale dans cette recherche rhétorique du contraste (lam. iii. ad omnia desiderabilia). Le compositeur s’affirme ainsi comme un maître des mots et rejoint les préoccupations des défenseurs de la seconda pratica à travers une restitution idéale de la prosodie latine accompagnée d’une adéquation parfaite entre le sens et les sons.  Jérémie Couleau

Giacobetti’s music is situated where two aesthetics met and which would be described by Giulio Cesare Monteverdi a few years later as prima pratica and seconda pratica. The Lamentations and Responsories in five or six parts are full of contrapuntal usages inherited from the old style and revealed in 16th-century counterpoint treatises: free (rep. tenebrae factae sunt), simple (lam. i. quomodo sedet), imitative (lam. v. cum exhalarent), in pairs (lam. iii. sanctuarium suum), invertible (lam. i. aleph), on plainchant in equal values (lam. vi. convertere ad dominum), and fauxbourdon (lam. iii. in ecclesiam tuam). The composer’s musical knowledge is also illustrated by skilful use of sound architecture. Giacobetti combines voices in such a way as to create polychoral effects (lam. ix. in tuere et respice) or effects of mass (lam. i. plena populo). The bass part, with its staggered entrances, occupies a fundamental place in this rhetorical search for contrast (lam. iii. ad omnia desiderabilia). The composer thereby established himself as a master of words and joined the preoccupations of the defenders of the seconda pratica through an ideal restitution of Latin prosody accompanied by a perfect match between sense and sounds.

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