Giacomo Puccini issu d’une famille de musiciens depuis plusieurs générations, dont certains furent de célèbres maîtres de chapelle à Lucques, poursuit dans la tradition de ceux qui l’ont précédé. Il compose pour l’église en 1878 un motet et un crédo : il a 20 ans. Deux ans plus tard, devant présenter une thèse pour son diplôme de fin d’études, il eut l’idée d’introduire ces courtes pièces dans une messe aux proportions importantes…

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L’œuvre fut créée à la cathédrale San Martino, en l’honneur de la fête patronale et l’accueil fut excellent : visiblement le jeune musicien a fait une bonne thèse, réussissant à prouver ses capacités  et son potentiel artistique. Aujourd’hui, on pense à tous les chefs d’œuvre lyriques qui ont suivi cet exercice qualifié de scolaire ! On y trouve déjà le caractère fougueux de l’homme, mais aussi sa précision et sa délicatesse. Le style théâtral de la messe laisse entrevoir ses dons de compositeur lyrique : Madame Butterfly, La Tosca, Manon Lescaut, La Bohème, Turandot…

C’est seulement en 1951 que fut retrouvé le manuscrit auquel le Père Dante del Fiorentino donna le nom de Messa di Gloria pour des raisons évoquées plus haut.

Si la critique reconnaît unanimement les remarquables qualités  de cette œuvre d’église, quelques questions demeurent posées : pourquoi les rôles des solistes sont-ils confiés à des hommes exclusivement, et quel était l’engagement religieux de Puccini ? N’allons pas croire à la misogynie de ce jeune homme de 22 ans ! Les chœurs par ailleurs, ne sont-ils pas mixtes ? Il n’a pas voulu non plus revenir aux principes liturgiques des temps immémoriaux. « Mulier tacet in ecclesia » : les femmes n’ont pas droit à la parole dans l’église. Non Puccini aimait trop la liberté pour sacrifier à une très antique tradition.

Quant à ses sentiments religieux, comme tous les compositeurs au fil des siècles, Puccini a trouvé dans la religion d’inépuisables sources d’inspiration. Tous ont laissé à l’histoire d’immenses chefs d’œuvre qui étaient parfois en accord avec leur foi – c’est si vrai pour J.S. Bach – ou totalement étranger à ce qu’on appelle aujourd’hui la croyance. Même s’il est difficile  – voire impossible – de déceler au cœur de chacun la profondeur de ses sentiments religieux, on peut dire, sans trop s’éloigner de la vérité, que le jeune auteur de la Messa di Gloria était indifférent.   Yves Prado

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