Les mots musique de chambre évoquent souvent, dans l’acceptation la plus répandue du terme, l’atmosphère intimiste des musiques de salon du 19ème siècle. On y associe donc volontiers les timbres feutrés des instruments à cordes, parfois mêlés aux sonorités du piano ou d’un instrument de la famille des bois, les cuivres étant plutôt, de par leur caractère plus exubérant, destinés à la musique de plein air. La littérature musicale qui leur est consacrée reflète d’ailleurs cet « a priori »…

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Hormis le cor qui de par la douceur de sa sonorité s’intègre parfaitement dans toute formation instrumentale, les cuivres ne semblent pas trouver leur place d’une façon naturelle dans les délicats assemblages de timbres des petites formations ; aussi le répertoire de musique de chambre les a-t-il longtemps négligés. Il faut attendre la fin du 19ème siècle, alors que les grandes symphonies font la part belle aux cuivres, pour voir apparaître trompette et trombone dans les combinaisons instrumentales à effectif réduit. Jusque-là en effet, excepté dans quelques œuvres comme les trois Equali pour quatre trombones de Beethoven (1812) ou l’Aequale pour trois trombones de Bruckner (1847), qu’il faut plutôt considérer comme des pièces de circonstance, seul le cor avait eu les faveurs des compositeurs, encore que les formations l’utilisant n’aient pas toujours été définitivement fixées : ainsi en est-il de l’Adagio et allegro pour cor et piano op. 70 de Schumann où le cor peut être remplacé par le violon ou le violoncelle, ou du Trio op. 40 de Brahms pour cor, violon et piano où la partie de cor peut être confiée à l’alto ou au violoncelle.

The words « chamber music », in the post widely-accepted sense of the term, often up the intimist atmosphere of music played in 19èmecentury drawing-rooms. We thus readily associate it with the subdued tone sof string instruments, sometimes combined with the sound of a piano or a member of the woodwind family, brass instruments being more exuberant in nature and therefore intended, rather, for open-air performance. Moreover, musical literature on the subject reflects this presumption : apart from the horn, which is prefectly compatible with any group of instruments because of its tones, brass instruments do not seem to fit in naturally, with the delicate balance of timbres that is called for by small instrumental groups ; it is for this reason that they were excluded for such a long time from the chamber music repertory. It was not until the end of 19ème century, when brass wind instruments came into their own in the great symphonies, that trumpets and trombones began to appear in the smaller instrumental ensembles. Until then, with an exception of a few works, such as Beethoven’s three Equali for four trombones (1812) or Bruckner’s Aequali for three trombones (1847), which must rather be considered as occasional pieces, the only brass instruments that had been in favour with composers was the horn, though its role within the ensemble was not always exclusive : this is the case with Schumann’s Adagio and Allegro, op. 70 for horn and piano, where the horn may be replaced by the piano or the cello, or Brahms’s Trio, op. 40, for horn, violin and piano, where the horn part may be taken by the viola or the cello.

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