L’usage de l’italien pour Ie titre de ces VI Concerti a sei strumenti, cimbalo o organo obligati, da Michele Corrette merite quelques observations. En effet, ce volume opus XXVI, édité a Paris en 1756 avec « Privilège du Roy », que l’on pouvait trouver « chez l’auteur rue Montorgueil et aux adresses ordinaires », est l’œuvre d’un Francais deja célèbre.

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Il est aussi et surtout le parfait exemple du goût italien alors en voque dans Ia capitale. La confirmation de cette tendance fut amorcée par un véritable camouflet rédigé trois ans plus tôt par Ie même Corrette sous la forme d’une préface au « Maitre de cIavecin » une de ses nombreuses méthodes de composition et d’interprétation, dans laquelle on peut Iire : «Depuis que Corelli a inventé le genre de la Sonate et du Concerto, la musique a fait des progrès etonnants dans route l’Europe…, avant luy les Concerts en France étaients médiocres… Quelques petites chansons d’un chant Iugubre et lamentable ; plus elles étaient tristes et Ianguissantes, et plus les amateurs de ce temps les trouvaient admirables… Pour ainsi dire, Ia musique était au berceau… Monsieur le Duc d’Orléans, depuis Régent du Royaume, étant extrémement curieux de musique, voulut entendre ces sonates, mais ne pouvant trouver alors aucun violon dans Paris capable de jouer par accord, il fut obligé de les faire chanter par trois voix… On peut juger par la quantité de bons violons qu’il y a présentement a Paris combien Ia musique a fait de progrés depuis l’invention de la Sonate…». Ce berceau de la musique française était pourtant un berceau de taille !

The use of Italian for the title of these six Concerti a sei strumenti, cimbalo o organo obligati, da Michele Corrette calls for a number of observations. Indeed, this volume, opus 26, published in Paris in 1756 “avec Privilege du Roy”, and to be found « at the home of the author in the Rue Montorgueil and at the “usual addresses”, was the work of a Frenchman who had already made a name for himself. He was also, and above all, a perfect example of the Italian taste then in vogue in the capital. The confirmation of this tendency began with a real snub, written three years previously by the same Corrette, in the form of a preface to “Le maitre de clavecin”, one of his numerous methods for composition and interpretation, in which we read  “Since Corelli invented the genre of the Sonata and the Concerto, music has made astonishing progress throughout Europe… Before him, Concerts in France were mediocre… A few short songs, gloomy and pitiful in their singing ; the sadden the more languid they were, the more the music lovers of that time found them admirable… Music was, so to speak, still in its cradle… His Highness the Duke of Orléans, now Regent of the Kingdom, being extremely keen on music, wished to hear these sonatas, but being unable at that time to find a single violin in Paris capable of playing chords, he was obliged to have them played by three voices… We may judge by the number of good violins there are at present in Paris how much progress music has made since the invention of the Sonata…”.

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