Dans les arènes espagnoles existent deux secteurs différents : « Sol y sombra » (le soleil et l’ombre). On peut comparer le premier à la découverte du nouveau monde, et le deuxième à sa conquête et à la recherche de l’Eldorado. Soleil de la découverte, car celle-ci a été un événement extraordinaire qui a changé le monde du point de vue historique, géographique et théologique ; ombre de la conquête, raison de l’hécatombe que la quête de l’or a provoquée parmi les indigènes indo-américains.

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1492 est l’année du premier voyage de Colomb; 1520 celle de la conquête du Mexique et le début de celle du Pérou. Il ne faut pas confondre les deux dates car, même si la première a eu comme consé-quence la deuxième, on a le droit d’être admiratif devant l’épopée de Colomb, et critique vis-à-vis de la cruauté des conquistadors. On ne peut toutefois condamner les Espagnols dans leur ensemble, car dès le 16ème siècle, des voix se sont élevées parmi eux pour défendre les indiens, la plus connue étant celle du Père Bartolomé de Las Casas. Cet album n’est pas un disque de folklore, mais de musique traditionnelle vivante. C’est-à-dire que, bien que nous employions des rythmes et des instruments authentiques sud-américains (voir à la fin du livret), la gamme que nous utilisons est diatonique et non  pentatonique, et l’interprétation plus élaborée. Nous ne faisons que prolonger ainsi une évolution entamée par les indiens eux-mêmes, dès le 17ème siècle, quand ils sont adopté les guitares européennes. Les six morceaux chantés du disque (notre 29ème enregistrement) forment une Cantate dont le titre Eldorado donne son nom à l’album. Le thème instrumental, Alborada India, en est l’introduction. Il est composé sur la gamme pentatonique et sur des rythmes indiens; son climat évoque le monde indigène d’avant l’arrivée de Colomb. Le premier mouvement chanté, Cristobal Colon, décrit les préparatifs pour pouvoir quitter les côtes andalouses. Nous avons employé pour cette raison des mélodies populaires espagnoles. L’air suivant, Las carabelas, chante le départ des trois navires et le début de l’aventure après l’escale des Canaries. Il est écrit sur un rythme chilien de « Cueca », qui a des origines hispaniques. Le troisième morceau, El descubrimiento, décrit la traversée de l’océan inconnu, avec ses incertitudes et la culmination de la découverte. Il est composé  dans le style des chansons de marins. Eldorado, qui vient ensuite, utilise un rythme équatorien de « Danzante ». Les paroles évoquent la naissance du mythe de l’Eldorado, et le contraste entre l’attitude des indiens et celle des conquistadors. Pour le cinquième mouvement, Quimera de oro, nous avons employé un rythme vénézuélien de « Pasaje », en tenant compte que les espagnols situaient ce pays chimérique sur les territoires actuels du Venezuela et de la Colombie. Nous terminons la partie chantée, et donc l’œuvre, avec El destino americano. Dans ce texte j’esquisse les grandes lignes de l’évolution de notre continent depuis la conquête jusqu’à nos jours. Nous le chantons sur deux rythmes argentins : Carnavalito » et, au milieu, « Vidala ».                Hector Miranda

In the Spanish bullring there are two distinct areas : « Sol y sombra » (sun and shadow). The first can be compared to the discovery of the New World and the second to the conquest and the quest for Eldorado. The sun for discovery; for this was an extraordinary event which changed the world, from a historical, geographical and theoligical point of view. The shadow for the conquest, because of the slaughter that the quest for gold caused among the native American Indians. 1492 was the year of Colombus’first voyage; 1520 was the year of the conquest of Mexico and the beginning of the conquest of Peru.These two dates should not be confused , even if the second was a consequence of the first, for one as the right to admire the feats of Colombus, and to be critical of the cruelty of the conquistadors. However it would not be right to condemn the Spaniards collectively, for as early  as the 16 th century, there were those who raised their voices in defence of the indians, the most well-known being Father Bartolomé de Las Casas. This album is not a folk disc, but living traditional music. That is to say that although we have used authentic South American rhythms and instruments (see end of booklet) the scale is diatonic and not pentatonic and our performance more refined. We are contributing to a process of evolution which was begun by the Indians themselves as early as the 17th century when they adopted European guitars. The six songs on this disc (our 29th recording) form a « Cantata » whose title Eldorado gives the album its name. The instrumental theme, Alborada India, forms the introduction. Composed on the pentatonic scale and on Indian rhythms, its atmosphere evokes the indigenous civilization before the arrival of Colombus. The first song, Christopher Colombus, describes the preparations for leaving the coast of Andalusia, which is why we used popular Spanish melodies here. The following song, Las carabelas, describes the departure of the three ships and the beginning of their adventure after calling at port in the Canaries Islands. It is written to a « Cueca » rhythm from Chili, which has Hispanic origins. The third piece, El descubrimiento, describes the crossing of the unknown ocean, the incertitude of the journey and its culmination in discovery. It has been composed in the style of a sailor song. Eldorada uses a « Danzante » rhythm from Ecuador. The words evoke the birth of the myth of Eldorado and the contrast between the attitudes of the Indians and the Conquistadors. For the fifth movement, Quimera de oro, we have used a « Pasaje » rhythm from Venezuela, bearing in mind that the Spaniards situated the chimerical land of Eldorado in the present-day territories of Venezuela and Columbia. We come to the end of the songs and the work with El destino americano. In this composition I have outlined the evolution of our continent from the conquest up to the present day. We sing to two rhythms from Argentina « Carnavalito » and, in the middle, « Vidala ».   Hector Miranda

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