Quatrième volet des enregistrements de Takayuki Ito sur l’œuvre de Claude Debussy, Préludes Livre I, Esquisses, Hommage à Haydn, Danse Bohémienne, etc…

Quatrième volet des enregistrements de Takayuki Ito sur l'œuvre de Claude Debussy, Préludes Livre I, Esquisses, Hommage à Haydn, Danse Bohémienne, etc...
4ème volet des œuvres de Debussy par Takayuki Ito

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On a souvent assimilé l’art Debussyste au mouvement symboliste ou à l’impressionnisme. Assez réservé sur l’utilisation de ces termes, Debussy écrivait à son ami Raoul Bardac en 1906 : “ Ramassez des impressions. Ne vous dépêchez pas de les noter. Parce que la musique a cela de supérieur à la peinture, qu’elle peut centraliser les variations de couleur et de lumière d’un même aspect ”, ajoutant ailleurs que la musique ne se bornait par “ à une reproduction plus ou moins exacte de la nature, mais aux correspondances mystérieuses entre la Nature et l’Imagination ”. Nombreux sont ses écrits qui manifestent à quel point il était attentif à l’écoute de la nature. Dans son désir de pratiquer un art nouveau et de s’affirmer en artiste libre et indépendant, Debussy créa un langage neuf, lequel, selon Léon Vallas, se manifesta dans sa musique de piano dès les années 1902. Ce n’est qu’en 1977 que les Images oubliées (ou “ inédites ”) furent publiées. Le manuscrit, appartenant à Alfred Cortot, fut originellement offert à la jeune Yvonne Lerolle. “ Lent, mélancolique et doux ”, la première pièce du triptyque s’environne de mystère pour bientôt s’épanouir dans le mode majeur. La seconde pièce est une ébauche de la Sarabande de Pour le piano et porte un titre caractéristique de Debussy : Dans le mouvement d’une “ Sarabande ”, c’est-à-dire avec une élégance grave et lente, même un peu vieux portrait, souvenir du Louvre. Quant au dernier mouvement, Quelques aspects de “ Nous n’irons plus au bois ” parce qu’il fait un temps insupportable, il s’impose comme un premier jet du futur Jardins sous la pluie par son atmosphère enfantine et ses mains croisées. Pagodes prouve l’intérêt de Debussy pour la musique orientale, combiné à un aspect purement impressionniste, bien que Debussy trouvait le mot dénué de sens ou au mieux souvent mal employé. La pédale de si à la main gauche, rejoint la manière dont les peintres de ce courant usaient de la lumière. Après la première représentation de l’Habanera de Ravel pour deux pianos en 1898, Debussy en emprunta la partition. Cinq ans plus tard, il écrivit La soirée dans Grenade, inspirée du mouvement d’Habanera. A cette occasion, il sera aisé de comparer le traitement d’un même thème effectué par les deux hommes. Tandis que Ravel développe ses idées dans une logique perceptible, celles de Debussy s’entrechoquent sans cesse pour créer une excitation débridée. Dans un sens, Jardins sous la pluie est une réminiscence du Prélude de Pour le piano, mais avec de nouvelles idées. Les onze dernières mesures notamment sont une parfaite synthèse d’effets expressifs et de pure magie. Les Six Èpigraphes antiques de 1914 sont issues d’une musique composée par Debussy 14 ans plus tôt et destinée à accompagner quelques-unes des Chansons de Bilitis de Louÿs. On rejoint ici le monde des Préludes, celui des pays exotiques (Grèce et Egypte) et de la nature (pluie et nuit). Debussy s’y montre doucement monotone, rythmique et harmonique. Ce n’est donc pas un hasard si cinq des six pièces finissent “ pianissimo ”, tandis que la dernière retourne à l’optimisme du thème initial. Les Etudes, écrites à Pourville entre août et septembre 1915 font partie des dernières œuvres les plus significatives de Debussy. Quelques mois plus tôt, il avait publié, pour son éditeur Durand, les œuvres pour piano de Chopin. En dédiant ses propres études au maître, Debussy se livre intimement. Dans le second livre, il s’éloigne des archétypes de la composition (tierces, quartes, dextérité des doigts) pour évoquer le vocabulaire musical. Avec les Degrés chromatiques, Debussy repousse les limites des tonalités usitées à son époque. Pour les Agréments puise sa délicieuse incertitude dans la question : qu’est-ce qu’un agrément ? Pour les Accords, massif et puissant, fait suite à l’étude Pour les arpèges décomposés. Debussy dira de ces études : “ elles seront utiles aux pianistes pour acquérir une formidable technique avant de se lancer dans une carrière musicale ”.

The art of Debussy has often been compared to the Symbolist movement or to Impressionism. Debussy, who showed some caution concerning the use of such terms, wrote to his friend Raoul Bardac in 1906: ‘Gather impressions. Be in no hurry to write them down. Because music is superior to painting in that it is capable of centralising variations in the colour and light of a same aspect.’ Elsewhere he stated his belief that music is not limited ‘to a more or less accurate reproduction of nature, but to the mysterious correspondences that exist between Nature and the Imagination’. Many of his writings show how very attentive he was to nature. In his desire to practise a new form of art and assert himself as a free, independent artist, Debussy created a new language that was already apparent in the piano music he composed in 1902.

His Images oubliées of 1894 were not published until 1977. The manuscript, belonging to Alfred Cortot, was originally presented to Yvonne Lerolle. ‘Slow, melancholy and gentle’, the first of the three pieces begins in an atmosphere of mystery before flourishing in the major mode. The second piece, an early version of the Sarabande from Pour le piano, bears the title, typical of Debussy, Dans le mouvement d’une ‘Sarabande’, c’est-à-dire avec une élégance grave et lente, même un peu vieux portrait, souvenir du Louvre. The final piece, Quelques aspects de ‘Nous n’irons plus au bois’ parce qu’il fait un temps insupportable, is an early version of Jardins sous la pluie, with its fresh atmosphere and crossing of hands.

Pagodes (from Estampes, 1903) reflects Debussy’s interest in eastern music, as well as his ‘impressionism’ (a word the composer found meaningless or at best ill-used). The use of the low B pedal bears a clear resemblance to the way that impressionist painters tended to use light. After the first performance of Ravel’s Habañera for two pianos in 1898, Debussy borrowed the score. Five years later, he wrote La soirée dans Grenade (last part of Estampes) inspired by the habañera rhythm. This gives us an opportunity to compare the conclusions the two musicians drew from similar propositions. Whereas Ravel developed his ideas with perceptible logic, Debussy threw together impressions, resulting in friction and therefore excitement. In a sense, Jardins sous la pluie is a reworking of the Prélude from Pour le piano with the addition of new ideas. The final eleven bars, in particular, are a miraculous synthesis of expressive effect and prestidigitation.

The Six épigraphes antiques of 1914 were based on music Debussy had composed fourteen years earlier to accompany a recitation of some of Louÿs’s Chansons de Bilitis. The world of the Préludes is recreated in images of exotic lands (Greece and Egypt) and of nature (rain and night). Debussy’s writing is spare and he cultivated a carefully defined monotony, of rhythm and/or harmony. Five of the six pieces end pianissimo, and in the final one we find the optimistic return of the theme from the first.

The Etudes, written at Pourville during August and September 1915, were Debussy’s last important works for the piano. A few months earlier he had edited the works of Chopin for his publisher Durand. He dedicated his own studies to Chopin. In the second book he moved away from the traditional areas of study-writing (thirds, fourths, sixths, octaves and the dexterity of the fingers) to look at the vocabulary of music. The study Pour les degrés chromatiques stretches tonality beyond the limits of what was generally regarded as comfortable at that time, while Pour les Agréments lives by the delicious uncertainty as to what is or is not an agrément. The massive Pour les Accords follows the lighter Pour les arpèges décomposés. ‘These Etudes,’ wrote Debussy, ‘will be useful in teaching pianists that to embark on a musical career they must first have formidable technique’.

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